Maria

“J’ai dû payer cher pour ma liberté, mais je ne regrette pas d’avoir fait ce pas. La police a fait un travail fantastique pour moi et m’a réellement montré que j’étais importante et qu’ils voulaient me protéger de toutes les manières. Ils m’ont inspiré confiance et je me sens protégée, même lorsqu’ils ne sont pas à proximité. »

Maria a quitté sa famille le jour de son baccalauréat. Auparavant, elle avait été longtemps frappée et contrôlée, mais après qu’elle ait rencontré un jeune Suédois, la situation était devenue intenable. Pendant son enfance, son père était le seul à ne pas frapper Maria.

« En réalité je ne sais pas pourquoi, mais il disait souvent que j’étais très têtue et que je savais beaucoup de choses. Je ne crois pas qu’il osait me frapper, je pouvais en tout cas lui crier dessus sans qu’il me frappe. »

La mère de Maria faisait toujours comme le père voulait et disait. Le père pouvait être gentil pendant quelques jours, mais souvent il frappait beaucoup ses frères et sa mère. Maria était toujours très inquiète lorsqu’elle devait dormir, elle avait alors peur de dormir trop profondément au point de ne pas entendre son père battre sa mère et qu’il la tue lorsque le reste de la famille dormait. Le frère de Maria avait lui aussi très peur de son père.

Lorsque Maria est entrée dans le secondaire, elle n’a pas eu le droit de choisir son école. Sa mère voulait qu’elle aille dans la même école que ses cousins, car ces derniers pourraient alors surveiller Maria. Mais elle a quand même choisi l’école qu’elle voulait, disant à sa mère que c’était complet dans l’école choisie par sa mère. Lorsqu’elle a commencé le secondaire, elle a rencontré un jeune Suédois qui allait dans la même école. Ils ont commencé à se rencontrer et elle n’a pas tardé à tomber très amoureuse de lui. C’était le premier amour de Maria. Après un mois ou deux, la famille de Maria a su par un parent qu’elle sortait avec un Suédois. Les cousins de Maria en ont été très irrités et ont commencé à menacer aussi bien Maria que son copain. Ils l’ont frappé aussi plusieurs fois. Maria a fini par rompre avec ce garçon pour le protéger. La surveillance augmentait de plus en plus, ainsi que sa peur. Les cousins ont fait subir beaucoup de violences à Maria. Un cousin a commencé à la conduire à l’école en voiture, juste pour contrôler encore plus ses faits et gestes.

“La raison pour laquelle je n’avais pas le droit d’être avec un garçon était qu’une fille doit être vierge pour sa nuit de noces selon nos traditions. C’est extrêmement important, et si la fille n’est pas vierge, le mari a le droit de la rendre à sa famille le lendemain du mariage. Je me souviens que ma mère et son amie en parlaient très souvent. Un jour je les ai entendues discuter de la manière dont on pouvait tester que c’était du vrai sang sur les draps et que la fille n’avait pas truqué, qu’elle était vierge. »

Maria réfléchissait beaucoup à sa vie et ne savait pas trop à qui s’adresser pour obtenir de l’aide et sortir de sa situation. Quelques jours avant son baccalauréat, l’oncle paternel de Maria lui a fait la leçon.

« Il m’a fait me sentir comme une vraie prostituée que ma mère ne parvenait pas à contrôler. »

Maria est devenue de plus en plus certaine que ce n’était pas cette vie qu’elle voulait vivre.  Elle a senti qu’elle ne réussirait pas à vivre conformément aux exigences de sa famille. Avant de rentrer chez son oncle ce jour-là, elle avait téléphoné à son mentor à l’école, car elle avait peur de ce que son oncle pouvait lui faire. Le mentor avait téléphoné au directeur de l’école qui avait alors téléphoné à un logement protégé. Deux jours après la discussion avec son oncle, Maria a rencontré une responsable de logement protégé, Kristina. Maria a remarqué tout de suite que Kristina la comprenait et elle a alors eu le courage de quitter sa famille.

Après son bac, Maria a pu s’installer dans un logement avec l’aide de la police. Elle a compris qu’elle pouvait leur parler quand elle voulait et qu’ils étaient toujours là pour l’écouter. Au début, elle avait du mal à dormir toute seule, alors quelqu’un dormait toujours à côté d’elle. Ensuite elle est partie habiter dans un logement protégé dans une autre ville, mais elle ne s’y plaisait pas du tout. Il lui semblait que les gens qui y travaillaient avaient peur de sa situation et qu’ils ne savaient pas quoi faire. Maria a toujours été soutenue par Kristina. Lorsqu’elle n’allait pas bien du tout, elle allait habiter chez Kristina.

“Je me sentais si bien chez elle, j’étais comme un membre de sa famille. Je ne me sentais pas toute seule et c’était important de toujours avoir quelqu’un à qui parler, qui comprenait et se souciait de moi. Le fait de participer à la vie quotidienne et de sentir une appartenance. Grâce à cela, je me suis sentie plus sûre d’avoir pris la bonne décision, car je veux vivre comme elle avec ma famille dans l’avenir. »

Maria a ressenti alors une autre manière de parler entre adultes et enfants, avec quel ton on s’adresse aux autres et comment on écoute ce que les autres ont à dire, même s’ils ne peuvent pas tout décider. Les adultes discutaient entre eux de choses dont on ne parlait jamais dans sa famille à elle. Si Maria s’était mariée avec un homme choisi par sa famille, il lui serait impossible d’être la mère qu’elle veut être.

“Toute ma famille se serait alors mêlée de décider de ma manière d’être et je serais peut-être devenue comme ma mère. C’est ce que je me suis promis de ne jamais devenir. »

Ce que Maria souhaite, c’est de rencontrer un jour sa famille sans être obligée de se conformer à ses exigences. Elle souhaite pouvoir les rencontrer sans avoir besoin de s’adapter et qu’ils acceptent son choix de vie. Ce jour-là, Maria espère être devenue suffisamment forte pour ne plus les craindre et d’être si sûre d’elle qu’elle pourra leur tenir tête et leur répondre.

“Pour moi, un héros, ce n’est pas quelqu’un qui peut porter un train ou voler. Les agents de police et Kristina, avec lesquels j’ai gardé le contact, ce sont mes véritables héros. Il n’y a pas beaucoup de gens comme eux dans le monde, mais ils existent. »

  • Maria porte en réalité un autre nom.

Si vous avez vos propres histoires d’oppression, de contrainte, de violence ou d’autres faits vécus, profitez de l’occasion pour parler aux adultes qui viendront dans votre école pendant le projet « Il s’agit d’amour » (Det handlar om kärlek). Les personnes qui y seront ont pris position pour vos droits. Ou bien discutez avec nous sur notre chatt-msn. Voir renseignements dans la colonne de droite. 

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